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« Non, l’immobilier ne s’ubérise pas… »

Internet ne tue pas les agents immobiliers, elle les incite à se dépasser.

Extrait de l’article de S. de Lafond, le président de MeilleursAgents.com. Février 2016.

L’ubérisation de l’immobilier… certains en parlent mais le terme n’est pas bon. Avec lui, on mélange tout. Il est connoté, polémique. Il fait référence à la société Uber qui, à coup d’innovations et de services, a révolutionné le transport à la personne. Derrière ce mot, évidemment, il y a l’innovation, Internet… qui, aujourd’hui, font partie intégrante de nos vies, de tous les secteurs de l’économie, mais il y a aussi la face cachée de la société Uber : rappelez-vous Uber Pop, un service désormais illégal, qui permettait à des particuliers de s’improviser chauffeur avec leur propre véhicule pour arrondir leurs fins de mois. Et parler d’ubérisation de l’immobilier, c’est risquer un parallèle hâtif entre les agents et les taxis. Il y a dans les deux cas un déficit d’image. Mais les études sur les agents immobiliers montrent, qu’en réalité, la perception qu’en ont les particuliers s’améliore nettement après avoir eu recours à leurs services. Le terme ubérisation évoque également pour certains le risque de professionnels moins bien formés, moins protégés, moins bien payés…

Mais par la digitalisation, l’enjeu est d’offrir le meilleur service au consommateur.

Si on ne parle plus d’ubérisation, mais de digitalisation, il faut regarder si ces nouvelles technologies peuvent apporter des solutions nouvelles susceptibles d’améliorer la satisfaction client. Parce que tout l’enjeu est là : offrir le meilleur service au consommateur. Et, dans l’immobilier, il y a fort à faire : il existe un climat de défiance vis-à-vis de la profession. Le particulier a plusieurs griefs, il est frustré par l’opacité du marché. Tout ce flou le laisse perplexe. Et il ne comprend pas non plus, avant d’avoir travaillé avec lui, ce qu’un agent immobilier peut lui apporter !

La part de marché des agents immobiliers ne fait que croître depuis 1945 : 5 % en France à cette date, contre 70 % aujourd’hui. Quelle leçon faut-il en tirer ?

Internet donne de plus en plus d’informations et de pouvoir aux particuliers, ce qui n’empêche pas la part de marché des agents de progresser. Le partage de l’info, la notation des agents, la transparence… permettent un rapprochement entre professionnels et particuliers. Non, les nouvelles technologies ne tuent pas les agents immobiliers. Elles mettent en avant les bons et forcent tout le monde à expliquer sa valeur ajoutée et à progresser.

Les attentes des clients ? Une vraie connaissance des quartiers, une capacité à déterminer et à expliquer un prix, une compétence juridique et commerciale… une opportunité de monter en gamme pour les agences, de se réinventer ! Si les taxis s’étaient remis en cause plus tôt, Uber ne connaîtrait pas le succès qu’on lui connaît !

Extrait de l’article publié le 11 janvier 2016 dans le Journal de l’Agence.